LABO :
RÉPONDANT 24/7/365



« 1er mars 2017

Bonjour docteur Amyot,

Vous m’avez expédié deux documents :

1. Une lettre du CISSS de Lanaudière s’adressant aux médecins prescripteurs d’une ressource intermédiaire;

2. Un formulaire du laboratoire de biologie médicale du même CISSS pour la désignation d’un médecin répondant (joint en document attaché).

Suivant la lecture qu’elle fait de ces documents, votre association, l’AMOLL, retient que le CISSS exige des médecins du territoire qui utilisent ses services de laboratoire dans le cadre de leurs activités de cabinet en 1ière ligne, d’être joignables 24 heures par jour, 7 jours par semaine, et ce, 365 jours par année (à défaut un répondant) par les responsables du laboratoire pour le suivi sécuritaire des résultats dits critiques.

Pour l’AMOLL, cette exigence est démesurée. Vous souhaiteriez avoir mon avis sur ce sujet.

Dans le formulaire « Désignation d’un répondant pour recevoir les résultats critiques », il semble effectivement que la politique du CISSS soit d’exiger des cliniques médicales de première ligne d’obtenir des numéros de téléphone où les médecins désignés pourront être joints de jour comme de nuit, et ce, l’année durant.

Dans la lettre du CISSS datée du 1er décembre 2016 et qui s’adresse aux médecins prescripteurs d’une ressource intermédiaire, le CISSS écrit que « chaque prescripteur devrait désigner (également) un répondant qui assurera le suivi des résultats d’investigation ou de dépistage s’il ne peut le faire lui-même. L’intervention de ce répondant pourrait être essentielle lors du signalement d’une valeur critique par le laboratoire qui doit compter sur une information à jour afin de joindre le répondant en tout temps (24h/24, 365 jours/année) ». Le CISSS, dans cette même lettre, réfère au Cadre de gestion pour le suivi des résultats d’investigation ou de dépistage, produit par le Collège des médecins en 2012.
J’ai lu le cadre de gestion publié par le Collège. À nul endroit n’y ai-je vu une norme ou une indication voulant que les médecins exerçant en première ligne dans leurs cliniques médicales se devaient de fournir aux autorités du laboratoire d’un établissement, des information téléphoniques permettant à ces dernières de les joindre en permanence le jour comme la nuit.

En établissement, où la chaîne d’information sera en principe plus serrée, le cadre de gestion du Collège, pour les valeurs critiques, mentionne plutôt qu’il « existe maintenant une littérature scientifique abondante qui définit les valeurs critiques et les délais dans lesquels les prescripteurs devraient être avisés. Chaque service ou département devrait toutefois s’approprier cette littérature et l’adapter, avec la collaboration de ses prescripteurs, au contexte spécifique de son milieu. ».

Bien sûr, d’un point de vue général, le code de déontologie des médecins stipule qu’un « médecin qui a examiné, investigué ou traité un patient est responsable d'assurer le suivi médical requis par l'état du patient, à la suite de son intervention, à moins de s'être assuré qu'un autre médecin, un autre professionnel ou une autre personne habilitée puisse le faire à sa place. » Mais cette norme déontologique doit être gérée avec discernement et en fonction des circonstances. Si l’intention du CISSS est d’établir un absolu qui englobe tous les milieux et toutes les situations, il fait sans doute erreur. C’est peut-être d’ailleurs là la faiblesse du formulaire : il amalgame des milieux et des situations sans nuances.

Pour reprendre les recommandations du Collège des médecins dans son cadre de gestion, je crois que le CISSS de Lanaudière aurait tout intérêt à revoir son formulaire, et ce, de manière à l’adapter, avec la collaboration de ses prescripteurs (pourquoi pas l’AMOLL), aux milieux spécifiques que constituent les cliniques médicales.

En terminant, puisque qu’il est question de responsabilité médicale, je pense qu’il pourrait être opportun pour vous de requérir l’avis de l’ACPM sur le sujet.

Très cordialement,

Pierre Belzile »

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RÉPONDANT 24/7/365



« 1er mars 2017
Bonjour docteur Amyot,
Vous m’avez expédié deux documents :
1. Une lettre du CISSS de Lanaudière s’adressant aux médecins prescripteurs d’une ressource intermédiaire;
2. Un formulaire du laboratoire de biologie médicale du même CISSS pour la désignation d’un médecin répondant (joint en document attaché).
Suivant la lecture qu’elle fait de ces documents, votre association, l’AMOLL, retient que le CISSS exige des médecins du territoire qui utilisent ses services de laboratoire dans le cadre de leurs activités de cabinet en 1ière ligne, d’être joignables 24 heures par jour, 7 jours par semaine, et ce, 365 jours par année (à défaut un répondant) par les responsables du laboratoire pour le suivi sécuritaire des résultats dits critiques.
Pour l’AMOLL, cette exigence est démesurée. Vous souhaiteriez avoir mon avis sur ce sujet.
Dans le formulaire « Désignation d’un répondant pour recevoir les résultats critiques », il semble effectivement que la politique du CISSS soit d’exiger des cliniques médicales de première ligne d’obtenir des numéros de téléphone où les médecins désignés pourront être joints de jour comme de nuit, et ce, l’année durant.
Dans la lettre du CISSS datée du 1er décembre 2016 et qui s’adresse aux médecins prescripteurs d’une ressource intermédiaire, le CISSS écrit que « chaque prescripteur devrait désigner (également) un répondant qui assurera le suivi des résultats d’investigation ou de dépistage s’il ne peut le faire lui-même. L’intervention de ce répondant pourrait être essentielle lors du signalement d’une valeur critique par le laboratoire qui doit compter sur une information à jour afin de joindre le répondant en tout temps (24h/24, 365 jours/année) ». Le CISSS, dans cette même lettre, réfère au Cadre de gestion pour le suivi des résultats d’investigation ou de dépistage, produit par le Collège des médecins en 2012.
J’ai lu le cadre de gestion publié par le Collège. À nul endroit n’y ai-je vu une norme ou une indication voulant que les médecins exerçant en première ligne dans leurs cliniques médicales se devaient de fournir aux autorités du laboratoire d’un établissement, des information téléphoniques permettant à ces dernières de les joindre en permanence le jour comme la nuit.
En établissement, où la chaîne d’information sera en principe plus serrée, le cadre de gestion du Collège, pour les valeurs critiques, mentionne plutôt qu’il « existe maintenant une littérature scientifique abondante qui définit les valeurs critiques et les délais dans lesquels les prescripteurs devraient être avisés. Chaque service ou département devrait toutefois s’approprier cette littérature et l’adapter, avec la collaboration de ses prescripteurs, au contexte spécifique de son milieu. ».
Bien sûr, d’un point de vue général, le code de déontologie des médecins stipule qu’un « médecin qui a examiné, investigué ou traité un patient est responsable d'assurer le suivi médical requis par l'état du patient, à la suite de son intervention, à moins de s'être assuré qu'un autre médecin, un autre professionnel ou une autre personne habilitée puisse le faire à sa place. » Mais cette norme déontologique doit être gérée avec discernement et en fonction des circonstances. Si l’intention du CISSS est d’établir un absolu qui englobe tous les milieux et toutes les situations, il fait sans doute erreur. C’est peut-être d’ailleurs là la faiblesse du formulaire : il amalgame des milieux et des situations sans nuances.
Pour reprendre les recommandations du Collège des médecins dans son cadre de gestion, je crois que le CISSS de Lanaudière aurait tout intérêt à revoir son formulaire, et ce, de manière à l’adapter, avec la collaboration de ses prescripteurs (pourquoi pas l’AMOLL), aux milieux spécifiques que constituent les cliniques médicales.
En terminant, puisque qu’il est question de responsabilité médicale, je pense qu’il pourrait être opportun pour vous de requérir l’avis de l’ACPM sur le sujet.
Très cordialement,
Pierre Belzile »

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Bonjour docteur Amyot,
Vous m’avez expédié deux documents :
1. Une lettre du CISSS de Lanaudière s’adressant aux médecins prescripteurs d’une ressource intermédiaire;
2. Un formulaire du laboratoire de biologie médicale du même CISSS pour la désignation d’un médecin répondant (joint en document attaché).
Suivant la lecture qu’elle fait de ces documents, votre association, l’AMOLL, retient que le CISSS exige des médecins du territoire qui utilisent ses services de laboratoire dans le cadre de leurs activités de cabinet en 1ière ligne, d’être joignables 24 heures par jour, 7 jours par semaine, et ce, 365 jours par année (à défaut un répondant) par les responsables du laboratoire pour le suivi sécuritaire des résultats dits critiques.
Pour l’AMOLL, cette exigence est démesurée. Vous souhaiteriez avoir mon avis sur ce sujet.
Dans le formulaire « Désignation d’un répondant pour recevoir les résultats critiques », il semble effectivement que la politique du CISSS soit d’exiger des cliniques médicales de première ligne d’obtenir des numéros de téléphone où les médecins désignés pourront être joints de jour comme de nuit, et ce, l’année durant.
Dans la lettre du CISSS datée du 1er décembre 2016 et qui s’adresse aux médecins prescripteurs d’une ressource intermédiaire, le CISSS écrit que « chaque prescripteur devrait désigner (également) un répondant qui assurera le suivi des résultats d’investigation ou de dépistage s’il ne peut le faire lui-même. L’intervention de ce répondant pourrait être essentielle lors du signalement d’une valeur critique par le laboratoire qui doit compter sur une information à jour afin de joindre le répondant en tout temps (24h/24, 365 jours/année) ». Le CISSS, dans cette même lettre, réfère au Cadre de gestion pour le suivi des résultats d’investigation ou de dépistage, produit par le Collège des médecins en 2012.
J’ai lu le cadre de gestion publié par le Collège. À nul endroit n’y ai-je vu une norme ou une indication voulant que les médecins exerçant en première ligne dans leurs cliniques médicales se devaient de fournir aux autorités du laboratoire d’un établissement, des information téléphoniques permettant à ces dernières de les joindre en permanence le jour comme la nuit.
En établissement, où la chaîne d’information sera en principe plus serrée, le cadre de gestion du Collège, pour les valeurs critiques, mentionne plutôt qu’il « existe maintenant une littérature scientifique abondante qui définit les valeurs critiques et les délais dans lesquels les prescripteurs devraient être avisés. Chaque service ou département devrait toutefois s’approprier cette littérature et l’adapter, avec la collaboration de ses prescripteurs, au contexte spécifique de son milieu. ».
Bien sûr, d’un point de vue général, le code de déontologie des médecins stipule qu’un « médecin qui a examiné, investigué ou traité un patient est responsable d'assurer le suivi médical requis par l'état du patient, à la suite de son intervention, à moins de s'être assuré qu'un autre médecin, un autre professionnel ou une autre personne habilitée puisse le faire à sa place. » Mais cette norme déontologique doit être gérée avec discernement et en fonction des circonstances. Si l’intention du CISSS est d’établir un absolu qui englobe tous les milieux et toutes les situations, il fait sans doute erreur. C’est peut-être d’ailleurs là la faiblesse du formulaire : il amalgame des milieux et des situations sans nuances.
Pour reprendre les recommandations du Collège des médecins dans son cadre de gestion, je crois que le CISSS de Lanaudière aurait tout intérêt à revoir son formulaire, et ce, de manière à l’adapter, avec la collaboration de ses prescripteurs (pourquoi pas l’AMOLL), aux milieux spécifiques que constituent les cliniques médicales.
En terminant, puisque qu’il est question de responsabilité médicale, je pense qu’il pourrait être opportun pour vous de requérir l’avis de l’ACPM sur le sujet.
Très cordialement,
Pierre Belzile »

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